Ce mois-ci, nous allons aborder la partie réseau de Linux/68k avec une
petite partie théorique sur le protocole lui-même, j'ai nommé TCP/IP (et
n'oubliez de jeter un oeil sur l'encadré, car il y a pas mal de nouveautés ce
mois-ci avec de bonnes nouvelles) et la configuration de base du
système.
Le protocole
Il existe sous Linux/68k d'autres protocoles que TCP/IP (comme par exemple
IPX et AppleTalk), mais c'est celui-ci qui règne en maître sur l'Internet car
c'est lui qu'il l'a créé.
Pour simplifier le protocole, on peut dire (et surtout écrire) qu'un
message sur le réseau correspond à une requête envoyée à une adresse
particulière (adresse codée sur 4 octets séparés par un point, par exemple
146.200.12.46). Pour envoyer ce message, IP le découpe d'abord en paquets plus
petits et les envoie sur le réseau. Les machines connectées écoutent le réseau,
si un paquet contient leur adresse, elle le stocke jusqu'à réception de tous les
paquets et elle reconstitue le message. Je ne vais pas vous en dire plus, car il
me faudrait plus d'un article...
Lorsque l'on veut utiliser TCP/IP sur une liaison série, il faut utiliser
un protocole spécifique. Ces protocoles sont au nombre de deux : SLIP et
PPP.
SLIP (Serial Line Internet Protocol)
Sans aucun doute, c'était le protocole le plus utilisé jusqu'à il y a 2 ans
environ. Ce protocole possède aussi une version compressée (CSLIP) qui permet
d'optimiser le temps de transfert.
Ce protocole est de moins en moins utilisé au profit de PPP car celui-ci
est mieux adapté au connexion entre deux machines.
PPP (Point to Point Protocol)
Ce protocole est LE protocole en vogue en ce moment pour les connexions
série. Cela n'est pas qu'un phénomène de mode, mais c'est surtout pour les
raisons techniques suivantes :
- il permet de négocier l'adresse IP de l'appelant de façon
automatisée (c'est-à-dire que l'on a pas besoin de décrire la manière dont
l'appelant doit récupérer cette adresse comme avec SLIP), ainsi que les options
de liaisons entre les deux machines (comme le MTU),
- il peut gérer l'authentification directement au sein du protocole et
non par un couple utilisateur/mot de passe à envoyer au serveur.
Configuration de base
La configuration réseau sous Linux/68k se décompose en deux parties : une
configuration de base, commune à toutes les interfaces réseau utilisées, et la
configuration particulière à chaque interface (carte Ethernet, série,
parallèle).
La première chose à faire est de définir une interface spécifique au
système, elle s'appelle "loopback", et elle se comporte comme un circuit fermé.
Dès que cette interface reçoit un paquet IP, elle le retransmet comme si
celui-ci venait d'une autre machine. Cela permet de tester et d'utiliser les
programmes ayant besoin du réseau sans être connecté, comme par exemple, un
serveur WEB et le client sur la même machine.
Cette déclaration se fait dans le fichier /etc/hosts en rajoutant la ligne
suivante :
127.0.0.1 localhost
Les paquets devant contenir l'adresse IP et non un nom logique (comme
localhost), il faut dire à Linux/68k qu'il faut aller faire la correspondance
dans ce fichier. Pour ce faire, il faut rajouter la ligne suivante dans le
fichier /etc/host.conf :
order hosts
Il faut maintenant déclarer cette interface pour que Linux/68k sache
qu'elle existe. Elle se somme lo. La façon la plus simple de réaliser cela est
de taper :
ifconfig lo localhost
Il ne manque plus qu'à créer une entrée dans la table de routage pour
indiquer à IP qu'il peut utiliser cette interface comme route vers localhost :
route add localhost
Votre mini réseau intramachine doit maintenant fonctionner. Pour en être
sur, vous pouvez utiliser le programme "ping" qui permet de savoir si on peut
atteindre une machine sur un réseau et le temps de propagation entre ces deux
machines :
ping localhost
Le programme doit alors vous afficher le nombre de paquets transmis et le
temps. Si ce n'est pas le cas, c'est que vous avez du oublier une
étape...
Pour ne pas retaper ces commandes à chaque fois, vous pouvez (devez ?) les
ajouter au fichier de démarrage de votre machine en utilisant la méthode décrite
pour le lancement de loadkeys dans un article précédent.
Conclusion
Voilà, c'est fini pour ce mois. Maintenant que vous avez configuré votre
machine pour une utilisation locale, on va pouvoir voir la configuration d'une
interface réseau pour communiquer avec une autre machine et l'Internet. Etant
donné que nos machines n'ont pas (encore ?) de cartes Ethernet, on décriera le
mois prochain la configuration de l'interface série.